[Note 197: ] [ (retour) ] Tiraboschi, t. VIII, l. I, c. 4.
[Note 198: ] [ (retour) ] François II.
[Note 199: ] [ (retour) ] François III.
Les Gonzague, d'abord marquis et ensuite ducs de Mantoue, avaient commencé, dès le quatorzième siècle, à montrer du goût pour les lettres; toutes les branches de cette nombreuse et illustre famille furent à l'envi, dans le seizième, les dignes émules des princes d'Este et des Médicis, par leur magnificence, par les bienfaits dont ils comblèrent les savants; et peut-être les surpassèrent-ils par les talents littéraires que plusieurs d'entre eux firent briller.
François de Gonzague, marquis de Mantoue au commencement de ce siècle, presque toujours enveloppé dans les guerres qui désolaient alors l'Italie, protégea cependant les lettres et surtout la poésie. Frédéric son fils, premier duc de Mantoue, surpassa de bien loin ses ancêtres par son luxe, par les spectacles et les fêtes théâtrales qu'il fit donner à sa cour, et par les édifices somptueux qu'il fit bâtir. Alors les beaux-arts semblèrent naître pour Mantoue, et Jules Romain, fixé par les bienfaits de Frédéric, y répandit toutes les richesses de son génie. Tous les ducs qui se succédèrent pendant le reste de ce siècle, continuèrent à l'envi d'encourager les arts et d'embellir Mantoue. Les gens de lettres et les savants eurent en eux de généreux protecteurs, et souvent même des amis. Le duc Vincent surtout s'honora d'être l'ami du Tasse dans le temps de ses plus grands malheurs [200], et cet illustre infortuné trouva en lui autant de consolations que de secours.
[Note 200: ] [ (retour) ] Ce duc vécut jusqu'en 1611.
Les ducs de Guastalla, seconde branche des Gonzague, ne se signalèrent pas moins. Après Don Ferrante, chef de cette branche, César son fils et sa fille Hippolyte ne se bornèrent pas à protéger les sciences et les lettres, ils les cultivèrent tous deux avec succès. La princesse Hippolyte joignît aux études les plus sérieuses du talent pour la poésie, et l'on trouve de ses vers dans les recueils de ce temps [201]. César aimait surtout la philosophie et les antiquités; il fonda une académie à Mantoue [202], qui devint l'une des plus célèbres de l'Italie. Le Tasse a fait, dans un de ses dialogues [203], de grands éloges de cette académie et de son fondateur.
[Note 201: ] [ (retour) ] Voyez Rime di diverse donne, recueillies par Domenichi.
[Note 202: ] [ (retour) ] Celle des Invaghiti.
[Note 203: ] [ (retour) ] Trattato delle dignità, Oper. ediz. Firenz., 1724, t. III, p. 129.