[Note 271: ] [ (retour) ] Edda, fable 9.
[Note 272: ] [ (retour) ] Introd., ch. 6, p. 93, note.
[Note 273: ] [ (retour) ] Ibid., ch. 7, p. 104.
[Note 274: ] [ (retour) ] Ibid., ch. 6, p. 98.
[Note 275: ] [ (retour) ] Ibid., ch. 9, à la fin.
Parmi les arts que les Scythes ou les Goths d'Odin apportèrent aux Scandinaves, on doit surtout compter le talent poétique auquel ils se livraient avec le plus grand enthousiasme [276]. Leurs poésies ne contenaient pas seulement les éloges de leurs héros, mais leurs traditions populaires et leurs dogmes religieux. Elles étaient remplies de ces fictions que la superstition païenne la plus exagérée pouvait accréditer dans des imaginations presque sauvages. C'est à cette origine asiatique qu'il faut attribuer l'esprit capricieux et quelquefois extravagant, et les conceptions hardies, mais bizarres, qui nous étonnent dans les anciennes poésies du Nord; et ces images fantastiques n'y sont pas la seule trace d'une origine orientale; elles ont un genre de sublime et des figures de style d'un caractère particulier qui ne sont pas des marques moins certaines de cette origine [277].
[Note 276: ] [ (retour) ] Warton, Dissert. I, p. 29; Mallet, introd., etc., ch. 13, p. 338.
[Note 277: ] [ (retour) ] Warton, ub. supr., p. 29 et 30.
De tous temps les Scandinaves avaient aussi cultivé la poésie; leurs Scaldes, qui étaient chez eux ce que les Bardes étaient chez les Gaulois ou les Celtes [278], les accompagnaient dans leurs guerres et dans leurs incursions. Ils firent souvent de ces incursions dans le nord des Iles Britanniques; les Calédoniens sont regardés par d'habiles antiquaires comme une colonie scandinave, et l'on doit penser qu'au retour de la paix les Scaldes, possesseurs d'un talent agréable, étaient accueillis dans les cours des chefs écossais, irlandais et bretons, et propageaient ainsi le goût de leur art, la connaissance de leur langue, celle de leurs traditions poétiques, et leur renommée, source de leur fortune [279]. Les fictions d'Odin durent prendre une nouvelle consistance, surtout en Angleterre, lors de la conquête des Saxons et des invasions des Danois qui faisaient originairement partie des tribus scandinaves. C'est à l'histoire de la littérature anglaise qu'appartient l'examen des altérations que ces fictions éprouvèrent dans la suite, et du mélange qui se fit du caractère de poésie des Scaldes avec celui des Bardes welches et irlandais; nous devons nous borner à observer ces points de communication et cette transmission des fictions poétiques de l'Asie aux peuples du Nord et de la Scandinavie aux Iles Britanniques.
[Note 278: ] [ (retour) ] «Le mot skald ou skiald vient de suédo-gothique skalla ou skialdre, qui signifie résonner, sonner, retentir, etc.; comme celui de barde vient d'un mot celtique qui a la même signification. Le principal emploi de ces poëtes était de faire retentir, par le moyen de leurs vers, chez les peuples présens et futurs, la louange et la mémoire des actions brillantes et des grands événemens qui faisaient époque dans l'histoire.» (Saggio su gli Scaldi, etc., p. 3).