[Note 308: ] [ (retour) ] Pepin mourut en 768; Sergius était mort en 701.

[Note 309: ] [ (retour) ] Reali di Fr., l. VI, c. 18.

Ce roi avait de plus une fille nommée Galéane ou Galérane; elle devient amoureuse de Mainetto; il le devient d'elle, et l'épouse en secret après l'avoir rendue chrétienne. C'était l'usage entre un chrétien et une sarrazine; on catéchisait en faisant l'amour, et le prélude du dernier acte de la séduction était ordinairement le baptême.

Cependant il s'est offert des occasions brillantes où l'époux de Galérane s'est couvert de gloire. Un roi d'Afrique a déclaré la guerre à Galafre, et l'a vaincu. Galafre et ses fils sont faits prisonniers; et c'est Charles qui les délivre par des faits d'armes de la plus haute chevalerie. La gloire et le crédit qu'il acquiert, excitent dans l'ame des trois jeunes princes toutes les fureurs de l'envie; ils complotent de se défaire de lui. Instruit de leur projet, il s'échappe de Sarragoce; Galérane le suit; ils vont à Rome, en Lombardie, en Bavière. Charles parvient à s'y faire un parti et à se procurer une armée. Il rentre en France, attaque l'usurpateur, le tue de sa main; et remonte sur le trône de son père [310].

[Note 310: ] [ (retour) ] Cette partie de l'action s'étend jusqu'au ch. 51 de ce 6e. livre.

La naissance et les premières aventures de Roland ne sont pas moins merveilleuses dans ce roman italien, tiré sans doute de nos plus vieux romans français. Charlemagne avait régné plusieurs années avec gloire et rempli l'Europe de sa renommée; il avait une sœur cadette, nommée Berthe comme sa mère, dont le jeune chevalier Milon d'Anglante devint amoureux. Milon arrière-petit-fils du fameux Beuves d'Antone, tenait ainsi d'assez près à la famille royale; il était même de la branche aînée des descendans de Fiovo [311]; mais sa fortune ne répondait point à sa naissance. Cela ne l'empêcha point de plaire à la jeune princesse. Le fruit de leurs rendez-vous devint bientôt si visible que l'empereur en fut instruit. Au milieu de la gloire dont il était environné, Charles était le tyran de sa famille: il renferma sa sœur dans une tour, et résolut de la condamner à mort, elle et son amant.

[Note 311: ] [ (retour) ] Voyez ci-dessus, p. 167.

Le duc Naime, ayant inutilement assayé d'obtenir leur grâce, délivre, pendant la nuit, Milon de sa prison, Berthe de sa tour, les emmène chez lui, fait venir des témoins, des notaires, les marie secrètement et les met en liberté. Charlemagne, instruit de leur fuite, bannit Milon, s'empare de ses biens, et fait excommunier les deux époux par le pape. Milon et Berthe se sauvent, et tâchent d'arriver jusqu'à Rome. Ayant tout vendu pour vivre, chevaux, armes et vêtements, ils ne peuvent aller que jusqu'aux environs de Sutri [312]. Là, ils entrent dans une caverne, où Berthe accouche d'un fils; une circonstance minutieuse, et sans doute imaginaire comme le reste, fait donner à ce fils le nom qu'il a depuis rendu si célèbre. Il était si fort dès le moment de sa naissance, qu'il se roula du fond de la grotte jusqu'à l'entrée. Son père, qui était absent quand sa mère était accouchée, y trouva l'enfant à son retour. Voulant ensuite lui donner un nom, il se rappela cette petite scène, et le nomma Roland, c'est-à-dire, Roulant [313].

[Note 312: ] [ (retour) ] A huit lieues de Rome.

[Note 313: ] [ (retour) ] La prima volta, dit-il à Berthe, che io la vidi, si lo vidi io che il rotolava, et in Franzoso è a dire rotatare roorlare... Io voglio per rimemoranza che l'habbia mome Roorlando. (Real. di Franza, l. VI, c. 53.)