[Note 326: ] [ (retour) ] Reali di Franza, l. III, c. 17.

[Note 327: ] [ (retour) ] Dans le quatrième des cinque canti de l'Arioste, qui font suite au Roland furieux, Astolphe racontant ce qui lui est arrivé en Angleterre, dit qu'il avait envoyé un courrier à un de ses amis, qui lui tenait un vaisseau prêt pour passer sur le continent, mais qu'il ne voulait s'embarquer ni à Antone, ni dans un autre port, dans la crainte d'être reconnu.

Nè in Antona volea nè in altro porto,

Per non lasciar conoscermi, imbarcarmi.

(c. IV, st. 70.)

Antone était donc un port de mer en Angleterre.

[Note 328: ] [ (retour) ] L. I, c. 55.

C'est donc entre le temps du Dante et celui de Jean Villani, c'est-à-dire dans la première moitié du quatorzième siècle, que le poëme intitulé Buovo d'Antona fut écrit [329].

[Note 329: ] [ (retour) ] On pourrait croire qu'il le fut d'après notre ancien roman en prose du chevalier Beuves de Anthone et de la belle Josienne, imprimé à Paris, in-4º., sans date, en caractères gothiques. Mais celui-ci n'est-il pas plutôt une traduction libre du poëme italien? Le français n'en paraît pas antérieur au quinzième siècle. Il existe aussi parmi les manuscrits légués à la bibliothèque Vaticane par la reine Christine de Suède, un roman de Buovo d'Antona en vers provençaux, à la fin duquel il est écrit, comme le Crescimbeni l'observe, que ce roman fut composé l'an 1380.

L'auteur en est inconnu. On voit seulement à plusieurs locutions du dialecte florentin de ce temps-là [330], qu'il était de Florence, ou au moins de Toscane. Il adresse l'invocation de son poëme à Jésus-Christ, et le prie de venir l'aider à raconter cette belle histoire [331]. A la fin de tous ses chants, sans exception, le poëte s'interrompt en priant Dieu d'être favorable à ses auditeurs ou à lui-même, ou en disant qu'il est las de conter, que sa voix s'affaiblit, qu'il a besoin de boire [332], qu'il dira la suite une autre fois, etc. Le premier vers de chacun des douze chants qui suivent, est toujours: Je vous ai laissés au moment où telle chose se passait [333]; et le récit continue sans autre artifice. Les neuf derniers chants commencent tous par une nouvelle prière, ou à Jésus-Christ, ou au Père éternel [334], ou à la Vierge Marie, et toujours pour qu'ils accordent au poëte la grâce de poursuivre et d'achever son histoire; et chaque fois, dans la strophe suivante, il revient à sa formule: Je vous ai laissés, dans l'autre chant, au moment où telle chose venait de se passer.

[Note 330: ] [ (retour) ] Atante et aitante pour gagliardo, palmiere pour peregrino, robesta ou rubesta pour infierisce, et certaines terminaisons en oe ou one, qui y reviennent souvent.

[Note 331: ] [ (retour) ]

O Giesù Christo che per il peccato

Il qual fece Eva prima nostra madre,

In sulla croce fusti conficato; etc.

(st. 1.)

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Pregandoti, signor giocondo e adorno

Che doni a lo mio ingegno tal bontade

Ch'io possi quella storia raccontare

E insieme gli ascoltanti contentare.

(st. 2.)

[Note 332: ] [ (retour) ]

Hormai, signori, quivi harò lasciato;

Andate a bere, ch'io son assetato.

[Note 333: ] [ (retour) ]

Signori, vi lasciai ne l'altro canto

Si come a Buovo disse Drusiana, etc.

(c. III.)

Io vi la lasciai ne l'altro mio cantare

Si come Buovo al soldan fu tornato, etc.

(c. V.)