[Note 357: ] [ (retour) ]

A voi signor' ho rimato tutto questa,

Sostegno di Zinabi da Fiorenza.

(C. XL., stanz. ult.)

[Note 358 ] [ (retour) ] Stor. e ragion. d'ogni poësia, t. VI, p. 548.

Finissons ce qui regarde ce vieux poëme par une observation qui n'est peut-être pas à dédaigner. Le poëte cite souvent le livre d'où il tire cette histoire qu'il a entrepris de raconter. Si mon auteur ne me trompe pas, dit-il, ou bien, le livre me le dit ainsi, ou bien encore: c'est ce que le livre ne me dit pas, ou autre chose semblable. On voit presque à chaque instant que c'est la chronique attribuée à Turpin qu'il a sous les yeux, et il ne fait souvent que la mettre en vers, cependant il ne nomme jamais Turpin comme l'auteur de ce livre; bien plus, il met ce Turpin, qui était en même temps paladin et archevêque, au nombre des héros chrétiens qui périrent les armes à la main à Roncevaux avec Roland. N'en pourrait-on pas conclure que, dans le quatorzième siècle, où cette Chronique était fort connue, on ne l'attribuait point encore à l'archevêque Turpin?

Quand on veut parler en Italie des premiers et informes essais de la poésie épique, qu'il est impossible de lire aujourd'hui, on joint ordinairement la Reine Ancroja [359] à Beuves d'Antone et à l'Espagne. Donnons encore une idée de ce poëme; mais son excessive longueur et la lassitude que font éprouver les deux premiers nous forceront de parler plus succinctement du troisième.

[Note 359: ] [ (retour) ] La Regina Ancroya, nella quale si vede bellissime istorie d'arme di amore, diverse giostre e torniamenti, e grandissimi fatti d'arme con i paladini di Francia, Venezia, 1575, in-8º. C'est l'édition dont je me suis servi; il y en a plusieurs antérieures.--Anchroja regina, Venezia, 1499, in fol. Libro de la Regina Anchroja, che narra li mirandi facti d'arme de li paladini di Franza, e maximamente contra Baldo di fiore im-peradore di tutta pagania al Castello di oro, Venezia, 1516, in-4º., etc.

Guidon-le-Sauvage, fils naturel de Renaud, en est un des principaux personnages, et c'est par lui que commence le poëme. Renaud de Montauban son père, revenant de la Terre-Sainte, s'était arrêté dans une place qui appartenait aux Sarrazins. Constance, femme du roi de ce pays, s'était prise d'amour pour lui. Quoiqu'il arrivât des saints lieux, et qu'il y eût saintement guerroyé pour la foi, il n'en était pas plus sage. Il s'entendit avec Constance, aux dépens du roi qui lui donnait l'hospitalité, et de leur commerce provint un fils. Le roi mourut avant que ce fils vînt au monde; sa mère le fit d'abord passer pour légitime; mais dès qu'il fut en âge de porter les armes, elle l'instruisit de sa naissance, et l'envoya en France chercher son père [360], en lui donnant, pour s'en faire reconnaître, un anneau que Renaud lui avait laissé en partant.

[Note 360: ] [ (retour) ] Cela n'est pas tout-à-fait ainsi. C'est le jeune homme qui veut absolument faire ce voyage; sa mère ne fait qu'y consentir, et n'y consent même qu'après que ce bon fils l'a menacée de lui enfoncer un couteau dans la gorge. J'ai supprimé ces circonstances, pour aller plus rapidement au fait. (Voyez. Regina Ancroja, c. I.)

Le jeune guerrier, sous le simple nom de l'Étranger [361], arrive au camp de Charlemagne, et défie tous ses chevaliers. Il les renverse l'un après l'autre, et, suivant les lois de la chevalerie, il les retient prisonniers. Renaud reste le dernier: l'Étranger ose aussi le combattre; la victoire est long-temps incertaine; enfin elle se déclare pour Renaud. Son fils se fait alors reconnaître [362]. Renaud va le présenter au roi, qui lui fait un accueil digne de la valeur qu'il a montrée. On revient à Paris, et Charles fait baptiser le jeune étranger sous le nom de Guidon-le-Sauvage.

[Note 361: ] [ (retour) ] Lo Strano.

[Note 362: ] [ (retour) ] Cant. IV.