[Note 502: ] [ (retour) ] Fin du chant V et commencement du chant VI.
[Note 503: ] [ (retour) ] C. VII, st. 44.
Pendant ce temps, Angélique était assiégée dans Albraque [504], capitale de son empire, aussi connue des géographes, et aussi réelle que son empire même. Agrican, roi de Tartarie, en était éperdûment épris, et n'ayant pu l'obtenir de Galafron, son père, il était entré dans leurs états, à la tête d'une formidable armée, qui, selon l'expression de l'auteur, montait à vingt-deux centaines de mille cavaliers [505], chose qu'il avoue ne s'être jamais vue, ou être du moins très-rare. Malgré les secours et la valeur de Sacripant, roi de Circassie, amoureux d'Angélique et qui a juré de la défendre jusqu'à la mort, Albraque est prise et saccagée par les Tartares. Angélique, renfermée dans la citadelle, s'échappe en mettant dans sa bouche l'anneau qui a la propriété de rompre tous les enchantements, et qui de plus la rend invisible [506]. Elle sait où est détenu Roland avec un grand nombre d'autres chevaliers. Elle veut s'en faire des défenseurs et les ramener au secours de la forteresse d'Albraque. Elle va droit aux jardins de Dragontine, touche de son anneau Roland et les autres chevaliers, parmi lesquels était Brandimart, amant de la belle Fleur-de-Lys, leur rend le bon sens, les délivre et marche à leur tête. Leur arrivée devant Albraque fait changer la fortune [507]. Roland, à qui Angélique donne des espérances pour enflammer son courage, fait des exploits prodigieux; Agrican voit périr une partie de son armée. Il est enfin vaincu lui-même et tué par Roland, après un long et terrible combat [508].
[Note 504: ] [ (retour) ] C. X.
Venti due centinaja di migliara
Di cavalier havea quel re nel campo,
Cosa non mai udita, ò si è pur rara.
(Ibid., st. 26.)
[Note 506: ] [ (retour) ] C. XIV.
[Note 507: ] [ (retour) ] C. XV.
[Note 508: ] [ (retour) ] C. XVIII et XIX.
Dans cette guerre paraît pour la première fois une héroïne d'un grand caractère et qui joue dans la suite un grand rôle: c'est la belle et intrépide Marfise, reine d'une partie de l'Inde; elle commande une des armées venues au secours de Galafron et de sa fille [509]. La guerre finie, les aventures ne le sont pas. Roland sort avec gloire de toutes celles qu'il entreprend. Une combinaison singulière de circonstances l'oblige, comme dans le Morgante, à combattre contre son cousin Renaud, qui, ayant appris de quelle gloire il se couvrait devant Albraque, était venu de très-loin pour la partager, sans renoncer à sa haine contre Angélique. Ce combat, plus terrible encore que celui de Roland et d'Agrican, dure deux jours [510]. Le second jour, Angélique en est témoin. Elle a fait dès le matin à Roland beaucoup de coquetteries. Effrayée de sa supériorité dans le combat et du danger que court son cher Renaud, elle s'avance, retient le bras de Roland, au moment où il va frapper un coup qui peut être mortel [511], lui renouvelle toutes les promesses qu'elle lui a faites, à condition qu'il partira sur-le-champ, pour aller détruire une île enchantée, gardée par un dragon qui a dévoré tous les habitants du pays, et qui dévore encore tous les chevaliers et toutes les dames qui passent aux environs. Roland part comme un trait pour courir cette aventure. Renaud se fait panser de ses blessures; mais quoiqu'il sache bien qu'il doit la vie à Angélique, il semble qu'il ne l'en hait que davantage [512].
[Note 509: ] [ (retour) ] XVI, st. 29.