[Note 540: ] [ (retour) ] C. XXXI, st. 34 et 35.

[Note 541: ] [ (retour) ] Le poëte la met aux mains avec ce terrible adversaire, c. XXV, st. 21; mais il les quitte aussitôt pour les retrouver au même endroit, c. XXIX, st. 26. Il les quitte encore au moment où ils se portent les plus rudes coups, et ne revient à eux qu'au livre III, c. IV, st. 49.

Mais elle était réservée à des dangers d'une autre espèce. Elle rencontre l'aimable Roger, qui, tout Sarrazin qu'il est, s'offre, sans la connaître, à suivre, selon les lois de la chevalerie, son combat avec Rodomont, dans un moment où elle se croit obligée de le quitter pour voler au secours de Charlemagne [542]. Elle revient sur ses pas, ayant changé de dessein, et décidée à terminer son combat [543]. Elle arrive au moment où Roger ayant porté à Rodomont un coup qui l'étourdit et qui lui fait tomber de la main son épée, attend qu'il ait repris ses sens pour recommencer à se battre [544]. Rodomont revenu à lui, se reconnaît vaincu en courtoisie, quitte le champ de bataille et va chercher d'autres exploits. Bradamante témoin de cette scène, est curieuse de savoir quel est le jeune brave qui joint tant de générosité à tant de valeur. Roger lui raconte toute sa généalogie, qui remonte jusqu'à Hector, fils de Priam. Il en descend comme Charlemagne. Suivant la tradition romanesque [545], cet empereur venait en directe ligne du grand Constantin, qui eut pour aïeul Constant. Or, Constant avait pour frère Clodoaque, et c'est de ce Clodoaque, de père en fils, que Roger est descendu. Il termine en racontant les malheurs de sa famille, leur ville de Risa, près Reggio, détruite et livrée aux flammes, son père assassiné, sa mère Galacielle accouchant de lui et d'une fille, dans sa fuite, au bord de la mer, et mourant aussitôt après [546]; c'est alors que le magicien Atlant le prit, lui et sa sœur, les emporta sur sa montagne, où, tout en voulant l'écarter des dangers de la guerre, il lui a donné l'éducation des héros.

[Note 542: ] [ (retour) ] Ibidem, st. 58, 60.

[Note 543: ] [ (retour) ] C. V.

[Note 544: ] [ (retour) ] Ibid., st. 9.

[Note 545: ] [ (retour) ] Voyez ci-dessus, p. 161 et 162.

[Note 546: ] [ (retour) ] Ci-dessus, p. 325.

Pendant tout ce récit, l'amour agit dans le cœur de Bradamante. Roger veut à son tour connaître le chevalier qui lui montre tant d'intérêt. La fille d'Aymon lui déclare sa famille, son nom et son sexe. Elle ôte son casque; ses blonds cheveux tombent sur ses épaules; sa beauté paraît avec un éclat qui éblouit le jeune guerrier, et fait naître dans son cœur des mouvements qui lui étaient inconnus [547]. Bradamante lui demande en grâce et au nom de l'amour, s'il en a jamais senti pour aucune dame, de lui faire voir les traits de son visage. En ce moment, ils sont interrompus par une troupe de Sarrazins qui les attaquent tous à la fois. Pour les combattre et les poursuivre, il faut que Bradamante et Roger se séparent; et dans ce qui reste du poëme, ils ne se rejoignent plus; mais on voit clairement quelle était l'intention du poëte; il semble avoir légué à l'Arioste le soin de la remplir.

[Note 547: ] [ (retour) ] C. V, st. 41 et 42.