[Note 606: ][(retour) ] Christiados, l. 1, v. 135 et seq.
[Note 607: ][(retour) ] J'ai déjà fait observer, t. III, p. 524, cet emprunt des rimes tartarea tromba, piomba, rimbomba, fait par le Tasse à Politien, dans l'une de ses stances sur la joute de Julien de Médicis; Politien lui-même paraît s'être souvenu dans cette stance du beau sonnet de Pétrarque:
Giunto Alessandro a la famosa tomba, etc.
Mais les mêmes rimes tromba et rimbomba, qui viennent ensuite, n'ont pas la même intention imitative; elles l'ont dans ces deux vers du Morgante maggiore, quoique ce soit en parlant de Saint-Paul:
E fatto è or della fede una tromba,
Laqual per tutto risuona e rimbomba. (C. I, st. 58.)
On trouve dans le même poëme:
Non senti tu, Orlando, in quella tomba
Quelle parole che colui rimbomba. (C. II, st. 30.)
Et dans la seconde satire d'Ercole Bentivoglio, composée en 1530, mais publiée pour la première fois en 1560:
Saggio chi stassi dove non rimbomba
D'archibuggio lo strepito nojoso,
Nè suon orribil d'importuna trompa,
Nè, di tamburo il sonno caccia a lui,
Nè teme ador ador l'oscura tomba.
Siede Pluton nel mezzo e con la destra
Sostien lo scettro ruvido e pesante. (St. 6.)
Ipse rudi fultus solio, nigraque verendus
Majestate sedet, squallent immania fœdo
Sceptra situ. (Claudien, de Rapt. Pros., l. I. )
Orrida maestà nel fiero aspetto
Terrore accresce. (St. 7.)
Et dirœ riget inclementia formœ.
Terrorem dolor augebat. (Ub. supr.)
Le grand caractère d'Argant appartient au Tasse, mais souvent lorsqu'il agit et lorsqu'il parle, on y reconnaît de ces emprunts qui ne semblent pas conseillés par le besoin, mais par un noble esprit de rivalité. Dès le début, cet acte si expressif et si terrible du farouche Circassien qui plie le pan de sa robe, donne à choisir la paix ou la guerre, et sur le cri de guerre qui s'élève parmi les chrétiens, déroule ce pli, secoue sa robe et déclare une guerre à mort[609], a sûrement été fourni au Tasse par Silius Italicus, qui nous peint Fabius déclarant, par un geste pareil, la guerre au sénat de Carthage, comme s'il eût, dit le poëte, tenu renfermés dans son sein des soldats et des armes[610].
[Note 609: ][(retour) ] C. II, st. 89, 90 et 91.
Non ultra patiens Fabius texisse dolorem,
Concilium exposcit properè, patribusque vocatis,
Bellum se gestare sinu pacemque profatus,
Quid sedeat legere, ambiguis neu fallere dictis
Imperat; ac sævo neutrum renuente senatu,
Ceu clausas acies gremioque effunderet arma,
Accipite infaustum Libyæ, eventuque priori
Par, inquit, bellum; et laxos effundit amictus.
(Punicorum, l. II, v. 382.)
Soliman et Argant sont rivaux de gloire; le moment est venu qui doit décider entre eux du prix de la valeur. Les chrétiens livrent un assaut terrible; mais Godefroy est blessé, la victoire leur échappe; il s'agit d'achever leur défaite et de les repousser dans leur camp. Argant provoque son rival[611]; ils sortent ensemble des murs, se précipitent sur les rangs ennemis, et en font à l'envi un grand carnage. Ce n'est plus la poésie, c'est l'histoire qui s'est présentée ici à la mémoire du Tasse: les Commentaires de César lui ont offert deux centurions romains[612], également émules de courage, sortant aussi de leur camp assiégé par les Gaulois, se provoquant par des expressions toutes semblables[613], et voulant décider leurs querelles par les ravages qu'ils vont faire et les périls qu'ils vont braver.
Solimano, ecco il loco ed ecco l'ora
Che del nostro valor giudice fia.
Che cessi? ò di che temi? or costà fuora
Cerchi il pregio sovran chi più'l desia.
(C. XI, st. 63.)
[Note 612: ][(retour) ] Pulfion et Varenus.
[Note 613: ][(retour) ] Quid dubitas, inquit, Varene? aut quem locum probandæ virtutis tuæ expectas? Hic dies de controversiis nostris judicabit. (De Bello Gallico, l. V.)