[Note 167: ][(retour) ] Selon d'autres, de San Salvador.

De l'étude des langues grecque et latine, il passa à celle des mathématiques, de la physique, de l'architecture et de tous les arts qui peuvent entrer dans l'éducation la plus soignée. Il se maria en 1503[168], et ne songeant qu'à jouir tranquillement des douceurs de cette union et de celles de l'étude, il se retira dans une de ses terres. Il y fit bâtir une maison magnifique[169], dont il donna lui-même le dessin, et dont André Palladio, son élève en architecture, et qui devint depuis un si grand maître, dirigea les travaux. Trissino vivait heureux dans sa retraite, cultivant les sciences, les arts, et surtout la poésie, pour laquelle il avait pris beaucoup de passion, lorsqu'il eut le malheur de perdre sa femme, après qu'elle lui eut donné deux fils[170]. Cette perte lui fit abandonner la campagne. Il fit un voyage à Rome pour se distraire de sa douleur. C'est peut-être cette douleur même qui lui suggéra l'idée de composer sa Sophonisbe, la première tragédie où l'Europe moderne vit renaître quelques étincelles de l'art des anciens. Léon X, qui occupait alors le trône pontifical, et qui avait conçu beaucoup d'amitié pour Trissino, voulut faire représenter cette tragédie avec la magnificence qui brillait dans toutes ses fêtes; mais il n'est pas sûr qu'il ait exécuté ce dessein. Bientôt il reconnut dans l'auteur d'autres talents que celui de la poésie.

[Note 168: ][(retour) ] Avec Giovanna Tiene.

[Note 169: ][(retour) ] A Criccoli sur l'Astego.

[Note 170: ][(retour) ] Francesco et Guilio

Il le chargea d'ambassades importantes auprès du roi de Danemark, de l'empereur Maximilien et de la république de Venise[171]. Trissino y acquit l'estime de ces puissances, et dans l'intervalle des missions honorables qui lui étaient confiées, il se lia d'amitié avec les savants et les grands hommes, dans tous les genres, qui remplissaient la cour de Léon X.

[Note 171: ][(retour) ] En 1516.

Après la mort de ce pontife, il retourna dans sa patrie, et s'y remaria avec Blanche Trissina, sa parente, dont il eut un troisième fils[172]. Le pape Clément VII ne tarda pas à le rappeler à Rome et à lui témoigner la même estime et la même confiance que Léon X. Il le députa, en différents temps, à Charles-Quint et au sénat de Venise, et lorsqu'il alla couronner solennellement cet empereur à Bologne, Trissino fut un des principaux officiers dont il voulut être accompagné. Dans cette cérémonie, il eut, disent ses biographes, l'honneur de porter la queue de la robe du pape[173]. C'était à faire le premier une tragédie telle que la Sophonisbe qu'il y avait réellement de l'honneur, et point du tout à porter la queue d'une robe. Fut-il ou ne fut-il pas créé chevalier de la Toison d'Or par Charles-Quint ou par Maximilien? C'est un point sur lequel ces mêmes historiens ne sont pas d'accord. L'opinion qui paraît le plus au gré de Tiraboschi, est qu'il eut la permission d'employer cette Toison dans ses armes, et de prendre même le titre de chevalier, mais qu'il ne fut pas effectivement admis dans l'ordre; et il n'y a pas le moindre inconvénient à être de cet avis.

[Note 172: ][(retour) ] Ciro.

[Note 173: ][(retour) ] Nicéron, t. XXIX, p. 109. Tiraboschi dit simplement que gli sostenne lo strascico.