[Note 219: ][(retour) ] On ignore le nom du maître dont il suivit alors les leçons. Ce n'est point, comme l'a voulu le Manso, Maurice Cattaneo, compatriote et ami de Bernardo Tasso, qui n'enseigna jamais à Rome. Voyez Serassi.

[Note 220: ][(retour) ] En 1556.

[Note 221: ][(retour) ] Le arti cavalleresche.

Bernardo s'étant rendu à Venise pour faire imprimer l'Amadigi, y fit venir son fils[222]. Alors, Torquato, qui fut souvent occupé à copier des chants entiers du poëme de son père, fit une étude plus approfondie de la langue et des grands maîtres de la littérature italienne, surtout de Dante, Pétrarque et Boccace, et spécialement du premier.

[Note 222: ][(retour) ] Mai 1559.

On conserve à Pesaro dans une bibliothèque particulière les notes et les observations qu'il fit sur ce grand poëte[223]; et en lisant la Jérusalem délivrée, il est aisé d'en apercevoir de fréquentes imitations. Il eut à Venise pour amis tous les littérateurs distingués qui l'étaient de son père[224]; mais après un an de séjour, il fut obligé de quitter cette ville et les études poétiques auxquelles il était livré, pour aller suivre à Padoue les écoles de droit. Bernardo, effrayé pour son fils de ses propres malheurs, auxquels cependant il aurait dû voir que la poésie avait plutôt apporté des consolations qu'elle n'en avait été la cause, exigea de lui ce sacrifice, trop involontaire pour qu'on n'en dût pas prévoir le fruit. En effet, Torquato commença dans sa seizième année l'étude du droit à l'université de Padoue, sous le célèbre Pancirole; et à dix-sept ans, il avait fait.... un poëme épique.

[Note 223: ][(retour) ] Lettere inedite di Uomini illustri, Firenze, 1773, p. 254. (Serassi, p. 91.)

[Note 224: ][(retour) ] Molino, Veniero, Ruscelli, Atanagi, etc.

J'ai dit ailleurs[225] la résistance que son père opposa d'abord à la publication du Rinaldo, et le consentement presque forcé qu'il y donna enfin. L'édition s'en fit à Venise[226]. Le jeune auteur le dédia au cardinal Louis d'Este, qui lui montrait une bienveillance particulière. Un poëme héroïque en douze chants, où les règles de l'unité étaient observées, où l'on remarquait de la sagesse dans la conduite, de l'imagination dans la fable et du talent dans le style, parut merveilleux dans un jeune homme de cet âge, et fut reçu en Italie avec des applaudissements universels. Il prouvait assez que le Tasse avait plus étudié les poëtes anciens et modernes que les livres de droit, et cependant il n'avait point négligé les derniers. Le Manso même assure qu'il fut, dès la première année, en état de soutenir, non-seulement le droit civil, mais sur la philosophie, et qui plus est sur la théologie, des thèses qui étonnèrent les professeurs de cette université, et de prendre publiquement ses degrés dans toutes ces sciences. Mais cette assertion est dépourvue de tout fondement[227]. Le Tasse n'étudia les lois que pendant un an[228]; il ne put même terminer sa philosophie, ni par conséquent prendre aucun degré dans ces deux facultés; et, quant à la théologie, il n'entreprit de s'y livrer que plus de vingt-cinq ans après[229].

[Note 225: ][(retour) ] Ci-dessus, p. 58.