[Note 244: ][(retour) ] C'était les comparer avec les trois fameuses canzoni de Pétrarque sur les yeux de Laure. (Voyez t. II de cette Hist. littér., p. 523 et suiv.) Ces trois canzoni du Pigna faisaient partie d'un canzoniere tout entier qui est resté inédit.

[Note 245: ][(retour) ] Ces Considerazioni ont été publiées pour la première fois, t. III des Œuvres du Tasse, en 6 vol. in-fol., Florence, 1724. Serassi a inséré la dédicace adressée à Léonore d'Este, dans sa Vie du Tasse, p. 140.

Peu de tems après, le Tasse voulut donner à Lucrèce, à Léonore elle-même, à toutes les belles dames et à tous les chevaliers de cette cour galante une plus haute idée de sa doctrine, qu'il ne l'avait pu faire dans ses considérations sur les trois Sœurs. Il soutint publiquement dans l'académie de Ferrare une thèse d'amour composée de cinquante conclusions. Cet exercice dura trois jours de suite; et ce fut, dit le grave Serassi, une chose vraiment merveilleuse de voir l'esprit, la subtilité, le savoir, que le Tasse employa dans un âge si tendre à soutenir un si grand nombre de propositions si difficiles. Aucun des argumentants ne put l'embarrasser, à l'exception cependant d'un gentilhomme de Lucques[246], et d'une dame très-exercée dans ce genre de philosophie. La signora Orsina Cavalletti[247] argumenta fort disertement contre la vingt-unième proposition que voici: «L'homme de sa nature aime plus fortement et plus constamment que la femme.» Je ne sais si c'est là une de ces propositions ardues dont Serassi admire que le Tasse ait pu se tirer. Tant y a que la dame mit dans cette discussion tout ce qu'elle avait de science et de finesse, toute la chaleur d'une femme qui soutient la cause de son sexe, et que cependant le jeune docteur défendit bravement le sien[248].

[Note 246: ][(retour) ] Paolo Samminiato.

[Note 247 ][(retour) ] La même pour qui le Tasse composa dans la suite son dialogue sur la poésie toscane, intitulé la Cavalletta.

[Note 248 ][(retour) ] Ces cinquante Conclusioni amorose sont imprimées, Œuvres du Tasse, t. III de l'édit. de Florence, en tête du dialogue intitulé il Cataneo ovvero delle conclusioni, dans lequel il revint, plus de vingt ans après, sur cette thèse d'amour soutenue avec tant d'éclat dans sa jeunesse.

La mort imprévue de son père interrompit ces jeux de l'esprit et ces amusements du cœur. Il alla recevoir ses derniers soupirs et revint à Ferrare, où il resta quelque temps entièrement livré à sa douleur. Il en fut distrait par les fêtes du mariage de Lucrèce d'Este avec le jeune fils du duc d'Urbin[249]; mais ni les vers qu'il composa dans cette circonstance[250], ni la perte qu'il avait faite, ni ses amours, ne l'empêchaient de travailler presque tous les jours à son poëme; il avait ajouté deux chants aux six premiers, lorsqu'il partit pour la France à la suite du cardinal. Louis d'Este y venait cette fois sans aucune mission du pape, mais pour ses affaires personnelles, et, ajoute un des auteurs de la vie du Tasse[251], pour les intérêts de la religion. Outre l'archevêché d'Auch, que son oncle, le cardinal Hippolyte, lui avait résigné, il y possédait quelques riches bénéfices: c'étaient là ses affaires, et comme on voit, de très-bonnes affaires, et qui expliquent assez quel intérêt il devait prendre aux querelles de religion qui troublaient alors la France.

[Note 249: ][(retour) ] Janvier 1570. C'était Francesco Maria della Rovere, fils du duc Guidubaldo, alors régnant.

[Note 250: ][(retour) ] Entre autres la belle canzone: Lascia, Imeneo, Parnaso, e qui discendi. (Opere t. II, p. 507, édit. de Florence.)

[Note 251: ][(retour) ] Serassi, p. 151.