[Note 413: ][(retour) ] Il était praticien génois, et sa famille y tenait un rang.

[Note 414: ][(retour) ] Quatre cents écus d'or de traitement fixe, avec l'espérance d'une somme égale en traitement extraordinaire.

[Note 415: ][(retour) ] 415: 29 août 1587.

Le nouveau duc, occupé d'affaires d'état, ne pouvait plus être pour le Tasse ce qu'avait été le prince Vincent de Gonzague; à peine son ancien ami put-il lui être présenté. Si la bienveillance était toujours la même, l'amitié, la familiarité ne l'étaient plus. La santé du Tasse ne lui permettait pas encore d'aller à Gênes remplir les fonctions qu'il avait acceptées; Mantoue lui devint moins agréable de jour en jour et lui fit désirer de revoir Rome. S'il ne s'y rétablissait pas, il irait chercher à Naples et à Sorrento la santé qu'il avait perdue. Ce projet s'empara bientôt entièrement de lui; le duc et les deux princesses voulurent en vain le retenir. On lui suscita des obstacles, des embarras d'argent; sa volonté tenace vainquit toutes les difficultés; il partit enfin pour Rome[416], n'ayant d'autre bagage que ses vêtements dans une valise, et dans une espèce de tambour, ses livres les plus nécessaires et ses manuscrits.

[Note 416: ][(retour) ] 19 octobre.

Il ne manqua point de se détourner de sa route pour aller à Lorette acquitter son vœu. Il y arriva très-las du voyage et manquant d'argent pour l'achever; mais un heureux hasard y amena en même temps un des princes de Gonzague[417] qui lui était fort attaché, et qui pourvut à tous ses besoins. Remis de sa lassitude, il remplit avec la dévotion la plus fervente tous les devoirs de son pélerinage, et composa pour la patronne du lieu une grande et magnifique canzone[418], le plus beau cantique sans doute qu'on ait jamais fait en l'honneur de Notre-Dame de Lorette.

[Note 417: ][(retour) ] D. Ferrante, seigneur de Guastalla, et prince de Molfetta.

[Note 418: ][(retour) ] : Ecco fra le tempeste, e i fieri venti, etc.

Il se rendit ensuite à Rome[419] et fut reçu avec tant d'amitié et de bienveillance par Scipion de Gonzague et par plusieurs cardinaux, princes et prélats de la cour romaine, que son cœur se rouvrit, comme à son ordinaire, aux plus flatteuses espérances. Un mois après, il eut le plaisir de voir son cher Scipion décoré de la pourpre. Il composa pour le pape Sixte-Quint un poëme de cinquante octaves[420], et d'autres morceaux de la plus belle et de la plus haute poésie. On lui donna de magnifiques promesses, mais il n'en vit réaliser aucune. Se trouvant enfin hors d'état de subsister plus long-temps à Rome, il se décida à faire un voyage à Naples, pour essayer de recouvrer la dot de sa mère, et s'il était possible, quelque portion des biens de son père, anciennement confisqués au profit du roi. Il s'y rendit en effet au printemps[421], et quoique les personnes les plus distinguées de la cour et de la ville s'empressassent de lui offrir un logement, déterminé par la beauté du lieu, et sans doute plus encore par les sentiments religieux, qui prenaient chaque jour en lui plus d'empire, il donna la préférence aux moines du mont Olivet.

[Note 419: ][(retour) ] Dans les premiers jours de novembre.