[Note 426: ][(retour) ] Nivolò degli Oddi.
[Note 427: ][(retour) ] Il Costantino, ovvero della Clemenza.
[Note 428: ][(retour) ] Août 1589.
[Note 429: ][(retour) ] : C'était le chanoine Gio. Jacopo Tasso. (Serassi, p. 433.)
Des secours envoyés par ses riches amis de Naples, et un présent de cent cinquante écus d'or qu'il reçut du grand-duc de Toscane[430], le mirent trois mois après en état de retourner de l'hôpital à l'abbaye, où il ne craignait plus d'être à charge[431]. Malheureusement, il se laissa ensuite engager par un parent de Scipion de Gonzague à revenir dans la maison de ce cardinal[432]. Il n'y retrouva plus, ni la même tendresse, ni les égards et les traitements qu'on lui avait promis; et l'on voit ici avec douleur une preuve de plus qu'il n'y a point chez les grands de véritable amitié, puisqu'il n'y en a point qui ne se lasse enfin de l'infortune.
[Note 430: ][(retour) ] Ferdinand, qui l'avait autrefois si bien accueilli à Rome lorsqu'il était cardinal, lui fit offrir ce présent par son ambassadeur à Rome, pour le remercier d'un discours de félicitation et d'une belle canzone, commençant par ce vers:
Onde sonar d'Italia intorno i monti, etc.
que le Tasse lui avait adressés sur son mariage.
[Note 431: ][(retour) ] 4 décembre 1589.
[Note 432: ][(retour) ] Février 1590.
Dans cette cruelle position, le Tasse reçut, de la part du grand-duc, l'invitation la plus pressante d'accepter auprès de lui des conditions honorables, et d'aller s'établir à Florence; et cet appel fut réitéré avec tant d'instance qu'il partit au mois d'avril suivant. Après avoir fait quelque séjour à Sienne, il arriva dans le même mois à cette belle Florence, qu'il voyait pour la seconde fois. D'après les liaisons qu'il avait formées avec les moines olivétains, ce fut encore dans leur maison qu'il descendit et qu'il logea. Mais son premier soin fut d'être présenté au grand-duc qui le reçut avec les plus grandes démonstrations de joie, et avec des expressions de considération et d'estime qui durent lui faire croire qu'il avait enfin vaincu sa mauvaise fortune.
Dès que l'on sut à Florence que le Tasse y était arrivé, des gens de tout rang et de toute profession se portèrent en foule chez lui pour jouir du plaisir de le voir et de l'entendre; c'était un véritable enthousiasme; les Florentins semblaient protester par leur empressement et par leurs hommages contre les critiques amères et les indécentes satires qui étaient sorties de leur ville. Ceux des injustes censeurs du Tasse qui existaient encore[433], ne purent voir sans humiliation les honneurs qu'il recevait non-seulement du grand-duc et de sa famille, mais de la principale noblesse, de la ville pour ainsi dire en corps, et de toute la littérature florentine. Son dessein n'avait cependant jamais été de se fixer à Florence, mais seulement de faire un voyage agréable et de répondre aux bontés que lui témoignait le grand-duc. Il se sentait désormais hors d'état de remplir aucune place, et pensait toujours à retourner à Naples, où la bonté de l'air et les bains d'Ischia ou de Pozzuolo lui paraissaient seuls capables de lui rendre la santé, si rien pouvait encore la lui rendre. Après avoir passé l'été dans la capitale de la Toscane, il reprit le chemin de Rome, avec l'agrément du grand-duc, et comblé par ce prince magnifique de nouveaux témoignages d'estime et de riches présents.