Démétrios se mordit les lèvres, et presque timide, hasarda:

«Ne le cherche pas. Tu t'y es prise trop tard. Il n'y a plus personne.

—Qui t'a dit que j'étais en quête? Je me promène seule et ne cherche rien.

—D'où venais-tu, alors? Car tu n'as pas mis tous ces bijoux pour toi-même, et voilà un voile de soie…

—Voudrais-tu que je sortisse nue, ou vêtue de laine comme une esclave? Je ne m'habille que pour mon plaisir; j'aime à savoir que je suis belle, et je regarde mes doigts en marchant pour connaître toutes mes bagues.

—Tu devrais avoir un miroir à la main et ne regarder que tes yeux. Ils ne sont pas nés à Alexandrie, ces yeux-là. Tu es juive, je l'entends à ta voix, qui est plus douce que les nôtres.

—Non, je ne suis pas juive, je suis Galiléenne.

—Comment t'appelles-tu, Miriam ou Noëmi?

—Mon nom syriaque, tu ne le sauras pas. C'est un nom royal qu'on ne porte pas ici. Mes amis m'appellent Chrysis et c'est un compliment que tu aurais pu me faire.»

Il lui mit la main sur le bras.