—Demain matin vous aurez votre chocolat espagnol, que j'ai recommandé que l'on fît noir et d'une épaisseur très égale, car l'Ecuyer des cuisines ne l'avait pas dit avec autorité.

—Cela est bien.

—J'ai demandé surtout que le château gardât un silence de cathédrale tant que vous n'auriez pas daigné annoncer votre réveil.

—C'est, en effet, très important.

—Votre camérière est ici. Demain, à l'heure où je sonnerai pour vous, c'est elle qui se présentera, et je lui ai fait dire de se taire; elle vous a ennuyé ce matin, m'a-t-on dit. Enfin, j'ai demandé pour vous à Mme Lebirbe deux oreillers de crin, parce que je sais que la plume vous est désagréable.

—Ah! ceci est parfait. Je veux t'embrasser, ma Houppe. Viens sur ce divan bas. Les sièges sont, en effet, très confortables ici, et cela me réconcilie avec ma nouvelle chambre. Dis-moi: tu as donc beaucoup parlé avec Mme Lebirbe?

—Beaucoup. Nous sommes un peu parentes. Sa sœur, qui a épousé un médecin, a été la maîtresse de papa pendant trois ans. Mme Lebirbe m'a rappelé cela tout de suite.

—Elle est veuve, cette sœur?

—Non. Elle a eu d'abord un enfant de son mari et puis deux fils de mon père.

—Je n'aime pas cela, dit Pausole. Pourquoi n'a-t-elle pas franchement divorcé?