—Parce que mon père était marié aussi; et maman avait le caractère très difficile. La polygamie, avec elle, il ne pouvait pas en être question. Je me souviens que quand papa ramenait des maîtresses chez lui, c'étaient des scènes interminables. Il n'a jamais pu en garder une plus de huit jours.
—Tu tiens de ta mère, dit Pausole, car tu avais bien cruellement griffé cette pauvre Denyse que j'ai vue ce matin...
—Et que vous avez renvoyée, Sire! Oh! que j'ai été contente quand je l'ai vue revenir au harem! Je me souviendrai aussi de cette joie-là... mais celle que j'ai ce soir est plus douce.
Pausole lui mit la main sur l'épaule.
—Tu mènes donc au harem une vie bien triste, ma Houppe? Je vois cela derrière toutes tes paroles.
—Oh! oui, bien triste l'an dernier. Bien heureuse depuis deux jours.
—C'est désolant... Que faire? Je ne veux pas te contraindre, petite, ni toi ni aucune de mes femmes... Si je fais garder le harem avec tant de rigueur, c'est parce qu'il me serait personnellement très désagréable d'être trompé. Mais je ne retiens personne par la force...
—Pouvez-vous me parler ainsi? Vous m'aimez donc bien peu? fit Diane très pâle.
—Houppe, je t'aime bien, et c'est pour cela que je te donnerai la liberté le jour où tu me la demanderas.
—Je ne vous la demanderai jamais.