Je prendrai ta bouche dans ma bouche comme un enfant prend le sein de sa mère. Frissonne!... car le baiser pénètre profondément et suffirait à l'amour.

Je promènerai mes lèvres comme du feu, sur tes bras, autour de ton cou, et je ferai tourner sur tes côtes chatouilleuses la caresse étirante des ongles.

Écoute bruire en ton oreille toute la rumeur de la mer... Mnasidika! ton regard m'importune. J'enfermerai dans mon baiser tes paupières frêles et brûlantes.

71 — LES SOINS JALOUX

Il ne faut pas que tu te coiffes, de peur que le fer trop chaud ne brûle ta nuque ou tes cheveux. Tu les laisseras sur tes épaules et répandus le long de tes bras.

Il ne faut pas que tu t'habilles, de peur qu'une ceinture ne rougisse les plis effilés de ta hanche. Tu resteras nue comme une petite fille.

Même il ne faut pas que tu te lèves, de peur que tes pieds fragiles ne s'endolorissent en marchant. Tu reposeras au lit, ô victime d'Erôs, et je panserai ta pauvre plaie.

Car je ne veux voir sur ton corps d'autres marques, Mnasidika, que la tache d'un baiser trop long, l'égratignure d'un ongle aigu, ou la barre pourprée de mon étreinte.

72 — L'ÉTREINTE ÉPERDUE

Aime-moi, non pas avec des sourires, des flûtes ou des fleurs tressées, mais avec ton cœur et tes larmes, comme je t'aime avec ma poitrine et avec mes gémissements.