Elles ne s'épilent jamais, pour que le triangle de la déesse marque leur ventre comme un temple; mais elles se teignent au pinceau et se parfument profondément.
Les prêtresses de l'Astarté font l'amour au coucher de la lune; puis dans une salle de tapis où brûle une haute lampe d'or, elles se couchent au hasard.
104 — LES MYSTÈRES
Dans l'enceinte trois fois mystérieuse, où les hommes ne pénètrent pas, nous t'avons fêtée, Astarté de la Nuit, Mère du Monde, Fontaine de la vie des Dieux!
J'en révélerai quelque chose, mais pas plus qu'il n'est permis. Autour du Phallos couronné, cent vingt femmes se balançaient en criant. Les initiées étaient en habits d'hommes, les autres en tunique fendue.
Les fumées des parfums, les fumées des torches, flottaient entre nous comme des nuées. Je pleurais à larmes brûlantes. Toutes, aux pieds de la Borbeia nous nous sommes jetées sur le dos.
Enfin, quand l'Acte religieux fut consommé, et quand, dans le Triangle Unique on eut plongé le phallos pourpré, alors le mystère commença, mais je n'en dirai pas davantage.
105 — LES COURTISANES ÉGYPTIENNES
Je suis allée avec Plango chez les courtisanes égyptiennes, tout en haut de la vieille ville. Elles ont des amphores de terre, des plateaux de cuivre et des nattes jaunes où elles s'accroupissent sans effort.
Leurs chambres sont silencieuses, sans angles et sans encoignures, tant les couches successives de chaux bleue ont émoussé les chapiteaux et arrondi le pied des murs.