Jadis, vous étiez glacés comme une poitrine de statue et durs comme d'insensibles marbres. Depuis que vous fléchissez je vous chéris davantage, vous qui fûtes aimés.
Votre forme lisse et renflée est l'honneur de mon torse brun. Soit que je vous emprisonne sous la résille d'or, soit que je vous délivre tout nus, vous me précédez de votre splendeur.
Soyez donc heureux cette nuit. Si mes doigts enfantent des caresses, vous seuls le saurez jusqu'à demain matin; car, cette nuit, Bilitis a payé Bilitis.
119 — LIBERTÉ (non traduite)
120 — MYDZOURIS
Mydzouris, petite ordure, ne pleure plus. Tu es mon amie. Si ces femmes t'insultent encore, c'est moi qui leur répondrai. Viens sous mon bras, et sèche tes yeux.
Oui, je sais que tu es une horrible enfant et que ta mère t'apprit de bonne heure à faire preuve de tous les courages. Mais tu es jeune et c'est pourquoi tu ne peux rien faire qui ne soit charmant.
La bouche d'une fille de quinze ans reste pure malgré tout. Les lèvres d'une femme chenue, même vierges, sont dégradées; car le seul opprobre est de vieillir et nous ne sommes flétries que par la ride.
Mydzouris, j'aime tes yeux francs, ton nom impudique et hardi, ta voix rieuse et ton corps léger. Viens chez moi, tu seras mon aide, et quand nous sortirons ensemble, les femmes te diront: Salut.