Walter H... le fit parler. Il s'appelait El Hadj Omar ben Abd-el-Nebi, caïd de Sidi-Mallouk.
Plusieurs fois déjà, au retour de Tanger, il avait gagné sa tribu par l'escale de Melilla, les sentiers du Riff et les bords de la rivière; mais, détourné de sa route habituelle, il s'inquiétait du chemin à suivre par Nemours et Lalla-Marnia, car la grande tribu d'Oudjda n'était point amie de la sienne.
Désignant deux pistolets qui sortaient de sa ceinture jaune, je lui dis:
—Tu es armé.
Il eut une moue de mépris et un mouvement d'épaules.
—Des pétards, murmura-t-il.
A ce moment, nous abordâmes.
Et, quand nous fûmes tous trois à terre, en marche dans la vallée fleurie qui monte au sortir du village, El Hadj Omar défit un pli de son manteau blanc, prit avec précaution, presque avec respect, le coutelas qu'il tenait caché le long de sa cuisse et le présenta horizontalement.
—Ça, c'est une arme, dit-il.