VII

Ce jour-là, les deux médecins rentraient ensemble d’une visite faite en commun à une riche cliente habitant Dinard, et qui, autant par goût que par souci de sa santé, prolongeait son séjour dans la ville d’eaux au delà de la saison.

Ils descendaient du bateau et venaient de prendre pied sur le Grand-Bey, la mer étant haute, lorsque Joël, prenant son courage à deux mains, dit brusquement au vieux docteur, d’une voix dont l’hésitation était manifeste :

— Mon oncle, puisque nous voici seuls, je voudrais vous entretenir de…

— De… quoi ? — interrompit M. Le Budinio, qui cessa de marcher pour prêter attention à la communication de son neveu.

— D’un projet que je nourris depuis fort longtemps, et qui intéresse tout mon avenir.

Le vieillard s’était arrêté. Il posa sa main sur le bras du jeune homme.

— Tu n’as pas besoin d’aller plus loin. Je sais d’avance ce que tu vas me dire.

— Mais, mon oncle…

— Je t’assure que c’est inutile, — fit Hugh en souriant. — Et je te le prouverai tout à l’heure.