Il se fit un cruel silence, pendant lequel les trois interlocuteurs en présence purent compter, à la fréquence de leurs soupirs, les pulsations désordonnées et violentes de leur sang dans leurs artères.
A la fin, Maïna releva la tête et demanda, fort troublée, au vieillard :
— Mon oncle, vous avez parlé tout à l’heure de l’origine de nos liens. N’ai-je pas aussi, moi, le droit de vous demander de me faire connaître cette origine qui m’est inconnue et sacrée ?
VIII
— C’est précisément pour te la faire connaître, ma chère enfant, que je t’ai conduite ici en même temps que Joël. Et, dans ce que je vais t’apprendre, je te prie de ne voir que mon désir d’éclairer ta conscience, de rendre ton libre arbitre plus apte à prononcer le jugement que j’attends de toi.
Il s’interrompit, puis, tout d’une voix, comme craignant de s’entendre lui-même, il dit :
— Maïna, tu n’es point ma nièce.
Les deux jeunes gens se redressèrent en même temps, très pâles. Une même secousse les avait ébranlés, et cette phrase, simple en elle-même, sonnait à leurs oreilles comme une révélation de malheur.
La jeune fille fit lamentablement écho à cette déclaration :
— Pas votre nièce, mon oncle ?…