— Merci, Maïna, — murmura-t-il. — Et vous, mon oncle, écoutez bien ma résolution irrévocable : Je ne suis point un ambitieux vulgaire. Je ne demanderai point à Paris la gloire. Celle que je rêve est de poursuivre votre noble labeur, d’en faire l’apprentissage à vos côtés, de devenir, sous votre égide et votre direction, le médecin, — plus que le médecin, — l’ami des pauvres. Et le jour où vous et Maïna jugerez l’épreuve suffisante, quand vous croirez que j’ai conquis mes grades, que j’ai mérité ma récompense, vous me direz l’un et l’autre :
« Joël, tu as coupé ton cœur en deux morceaux. Réunis-les en assemblant les deux amours qui le partagent. »
Il se tut.
Le docteur Le Budinio le regardait, le visage inondé de larmes.
— Joël, mon fils ! — articula-t-il avec effort, — en ouvrant ses deux bras au jeune homme.
....... .......... ...
Ils s’étaient promis de s’attendre, les deux fiancés… Ils ne s’attendirent pas longtemps.
Un mois plus tard, le notaire Berquier avisa le docteur Le Budinio qu’il avait une communication importante à lui faire, ainsi qu’à sa nièce et à son neveu.
Quand les trois visiteurs se furent assis dans les fauteuils en cuir de ses clients, le tabellion, riant sous cape, déploya une riche serviette de cuir, de laquelle il retira un dossier, ou plutôt une minute.
Et, alors, avec une lenteur calculée, il se mit à lire le dispositif suivant :