Dix minutes plus tard, au moment où le médecin mettait le pied sur le marchepied du véhicule, il ne fut pas peu surpris d’en trouver l’arrière-train couvert de bouquets de toutes nuances.

Des enfants, des jeunes filles, des femmes, quelques vieillards se tenaient à l’entour pour jouir de l’heureuse surprise de leur vieux bienfaiteur.

Et, comme il se récriait devant ce luxe de floraison :

— Ça, monsieur le docteur, — dit en riant une grande et belle fille, — c’est pas pour vous, c’est pour la demoiselle, vous savez.

II

Une heure plus tard, le déjeuner de l’oncle et du neveu s’achevait.

Pendant tout le repas, le vieillard avait été fort agité.

— Parbleu ! — ronchonnait-il entre ses dents, — je te demande un peu, mon Joël, si Mme du Closquet n’aurait pas pu choisir un autre jour pour garder Maïna à dîner ? Est-ce que ce n’est pas moi qui ai droit aux premières effusions de mon enfant ? De cette façon, elle aura fait son premier repas de bienvenue chez des étrangers.

— Oh ! des étrangers, mon oncle ! — dit Joël en souriant. — Il me semble que…

— Que j’exagère peut-être ? — Eh bien ! oui, là, tu as raison. Chez Mme du Closquet, elle est en famille, notre Maïna. Mais voyons, puisque cette bonne amie l’avait eue avec elle pendant toute la durée du parcours, il me semble qu’elle aurait bien pu me l’apporter tout droit à l’arrivée ?