Et puis, encore, Maïna n’était-elle pas là, sa chère Maïna qu’il voulait conquérir comme on gagne le paradis, au prix du labeur opiniâtre, du renoncement volontaire aux superfluités de l’existence, au mirage trompeur de l’ambition ?
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Quinze jours après leur retour à Saint-Malo, ni l’un ni l’autre n’étaient encore fixés sur la détermination à prendre.
En revanche Joël, déjà très disposé à donner accès à l’amour, avait ouvert à deux battants les portes de son cœur à la pénétrante influence des charmes de sa cousine.
Il l’aimait ardemment à cette heure, et cette affection sincère et vraie ne contribuait pas peu à lui donner les dehors d’austérité et de régularité qui faisaient l’enthousiasme de son oncle.
Ainsi préparés au choc, à l’étincelle finale qui allait allumer la même flamme dans leurs deux cœurs, les jeunes gens suivaient les sentiers de leurs âmes, parallèles à l’apparence, mais certainement terminés en un angle que ni l’un ni l’autre ne prévoyaient, bien que les deux lignes se rapprochassent insensiblement du but commun.
Un soir, en cueillant à brassées des églantines et des pivoines dans le jardin, Véronique fit à son cousin le récit de l’attention du vieux docteur pour elle. Elle lui conta de l’histoire du pot de fleurs une version selon Tina Kerbiel, version touchante et pleine de tendresse.
Joël l’écouta avec une attention soutenue et une émotion qu’il ne chercha pas à dissimuler.
Quand elle eut fini, il lui demanda d’une voix qui tremblait un peu :
— Et que comptez-vous faire en retour, cousine ?