Maïna le prit par la main et l’entraîna dans l’intérieur du petit bosquet.
— Tenez, voyez, dit-elle. Tina m’a remis la fleur. C’est moi qui la soigne maintenant. Et comme sa fête se célèbre le 15 août, à l’Assomption, ce jour-là, je lui porterai mon cadeau, et le docteur Hugh Le Budinio, en rentrant dans sa chambre, y trouvera sa véronique tout en fleurs.
Elle rayonnait. Son adorable visage resplendissait sous l’allégresse de son âme.
Joël n’y put tenir.
Il saisit spontanément les deux petites mains blanches et les serrant avec ferveur :
— Oh ! vous dites vrai, car elle est déjà tout en fleurs, sa Véronique, la Véronique que nous aimons tous.
Maïna jeta un petit cri et voulut dégager ses doigts de l’étreinte.
— Que faites-vous donc, cousin !
— Ce que je fais, cousine ? — répondit le jeune homme, emporté par la soudaineté de son émotion, ce que je fais, je vais vous le dire. Voilà. Je ne peux plus garder le secret que j’ai là, depuis des mois, sur le cœur, et il faut que je vous le donne à conserver.
— Un secret ? — interrogea Maïna, devenue très rouge et devinant ce qu’elle allait entendre.