— Pas de toi, Maïna ? Mais de qui donc, alors ?
— Mais, — balbutia la jeune fille, — de notre oncle, ce me semble.
Joël avait prévu cette objection. Il murmura d’un ton plein de caresses :
— Notre oncle ? Tu as raison, Maïna. Mais lui, il n’a qu’un consentement à donner, rien de plus. Ce que j’attends de toi, ce que je te demande, c’est la réponse de ton propre cœur : un oui ou un non seulement.
La jeune fille se taisait, le front penché, toujours palpitante d’émotion.
Joël insista doucement, pressant la petite main qu’il n’avait pas quittée.
— Voyons, Maïna, cela ne te coûte pas beaucoup. Nous sommes des orphelins tous deux. Nos enfances ont grandi côte à côte. Ne veux-tu pas que nos efforts demeurent unis pour faire le bonheur de cet homme de bien, qui a veillé sur nous, pauvres abandonnés ? Ne veux-tu plus du concours du pauvre Joël, dont tu connais au moins le dévouement et l’affection, pour rendre à notre vieil oncle tout ce qu’il a fait pour nous ?
Elle se retourna vers lui, souriante.
Il vit deux belles larmes, plus transparentes que des perles, étinceler à ses longs cils.
En même temps la petite main moite répondit doucement à la pression de la sienne.