Mais il était curieux comme pas un, le bon docteur Le Budinio, et il n’eût point été fâché de connaître, ne fût-ce qu’un peu, le programme des réjouissances prochaines.

Il advint que la veille du jour, après midi, trouvant la porte d’entrée de la maison entre-bâillée, et des traces de terre fraîche dans le corridor, il flaira en ces indices la piste de quelque surprise.

Profitant de ce que personne ne l’avait vu rentrer, il monta sans bruit dans sa chambre, s’y enferma à double tour et prêta une oreille fort indiscrète aux rumeurs d’une conversation qui montait jusqu’à lui par l’ouverture de la fenêtre.

Joël était là, devisant avec Maïna de choses pas du tout indifférentes.

— Alors, — demandait la jeune fille, sur un ton qui surprit beaucoup le vieil indiscret, — elle a tenu à ce que ce fût toi, et non mon oncle, qui lui donnasses tes soins ? C’est drôle, Joël, tout de même.

Qu’est-ce que c’était que cette histoire-là ? Comment se faisait-il que Maïna, toujours à cheval sur le vous sacramentel des convenances, tutoyait dans l’intimité son cousin avec tant de désinvolture ?

Cela intriguait considérablement le docteur. Il fut promptement renseigné.

— Hé ! non, ce n’est pas… drôle, comme tu dis, — répondait Joël, — et tu comprendras cela tout de suite. Cette dame habite Paris.

Dernièrement, mon chef de clinique, le professeur Boutan, mon illustre maître, fut appelé chez elle pour pratiquer sur un de ses enfants une opération fort simple, la cautérisation des amygdales au thermo-cautère.

Il m’emmena avec lui, et ce fut moi qui fus chargé par lui de continuer, en son absence, les pointes de feu tous les huit jours. J’y allai pendant cinq semaines, délai prescrit par Boutan, après quoi, je cessai mes visites.