Hugh Le Budinio sentait sa gorge serrée par l’émotion. Cette surprise, il ne l’avait point prévue.

Maïna répondait maintenant à son compagnon. Sa douce voix était calme et posée.

— C’est ton droit, Joël, et je ferai ce que tu voudras. Mais, si tu m’en crois, cent francs ne sont pas nécessaires, tant s’en faut. Ce serait presque du gaspillage, et l’oncle, s’il le savait, n’en serait pas content.

— Bah ! Il n’en saura rien. Et puis, est-ce qu’il ne vaut pas cent francs, l’oncle ?

— Ne raille pas, ami. Tu sais bien que ce n’est pas à ce prix-là qu’on peut évaluer les mérites d’un homme comme notre oncle. A ce compte, des millions n’y suffiraient pas. — Mais il y a une autre raison, — une raison sérieuse, puisque je te parle comme je le fais.

— Une raison sérieuse ? Voyons, Maïna, que veux-tu dire, réponds ?

Elle parla plus bas, comme si elle avait peur que les murs eussent des oreilles.

— Écoute, Joël, tu n’es pas sans t’être aperçu que, bien souvent, le front de l’oncle se ride, et que Tina reste silencieuse.

— Sans doute. Mais c’est précisément les dérider et les rendre loquaces que je cherche.

La voix de Maïna prit une expression de tendresse infinie.