— Ça, cousine, — commença-t-il en l’abordant, — je n’y vais pas par trente-six chemins, moi. Tu as quelque chose qui te tourmente, et je vois, à tes yeux, que tu n’oses pas me le confier. Allons, débarrasse-toi de ce souci.
Elle l’emmena au plus ombreux du jardin, et là, avec des hésitations, lui confia ses craintes.
— Écoute, Joël, c’est bien vrai, n’est-ce pas, que nous devons nous marier ?
— En voilà une question ! Qu’est-ce qui te fait parler ainsi, Maïna ?
— Je vais te dire : hier soir, en m’endormant, j’ai beaucoup réfléchi, et…
— Et… — interrompit le jeune homme, voulant plaisanter, — ça ne t’a pas empêchée de dormir, je suppose ?
Maïna poursuivit, sans tenir compte de l’interruption :
— J’ai réfléchi qu’on ne peut pas se marier, comme ça, sans argent.
— Hé ! qui dit que nous nous marions sans argent, cousine ?
— Dame ! Ça en a tout l’air. Est-ce que tu as de la fortune, toi, Joël ?