— Du train, mon oncle. Je viens d’arriver.
— Tu viens d’arriver ?
— Sans doute. J’ai soutenu ma thèse avant-hier ; reçu tout boules blanches.
M. Le Budinio souleva son chapeau et le reposa sur le haut de sa tête. Puis, tandis que deux larmes coulaient sur ses joues, il ouvrit ses bras, sans quitter sa canne de la main droite.
— Bravo, garçon ! Avec ça, j’ai oublié de t’embrasser. Tiens ! Embrasse-moi deux fois.
Et l’accolade des deux hommes fut d’une chaude et émouvante étreinte.
Après quoi ce fut le tour de Corentine. Joël lui mit sur les joues deux gros baisers retentissants, auxquels la bonne femme rendit la monnaie avec usure.
— A présent, je vais à mes malades, — conclut Le Budinio. — Tina, c’est fête aujourd’hui. Tu mettras les petits plats dans les grands. Il faut tuer le veau gras.
Joël avait voulu retenir son oncle par la manche.
— Mais, à propos, mon oncle, vous savez que je ne viens pas seul.