Aussi, Mme du Closquet put-elle lui dire, le troisième jour après l’invasion de la maladie :
— Deux médecins, rien que ça ! Excusez du peu ! Et pourtant, mon pauvre Le Budinio, toute votre science combinée ne me tirera pas de là. Je vais vous glisser entre les doigts sans que vous puissiez l’empêcher.
Elle disait vrai. La sereine conscience de son état lui permettait un infaillible diagnostic.
Au bout de six fois vingt-quatre heures elle ne conserva plus même l’apparence d’illusion que ses deux médecins croyaient avoir entretenue en elle. Appelant tout doucement Véronique, elle lui recommanda de se rendre à l’église pour prévenir l’abbé Dagorn, son confesseur habituel.
La jeune fille se récria.
Elle croyait à la sentence de son oncle et de son cousin, et ne jugeait pas la situation aussi désespérée.
Ce que voyant, Mme du Closquet vainquit d’un seul mot ses résistances :
— Chère petite, pourquoi hésiter ? Si je dois guérir, le saint viatique y aidera plus que personne. Dans le cas contraire, j’aurai eu la satisfaction d’être prête longtemps à l’avance.
Elle souriait, et Maïna, qui n’avait jamais vu mourir, s’émerveillait de ce calme stupéfiant.
Elle s’empressa donc de condescendre au désir de la mourante.