Tout le monde était tombé à genoux.

La prière reprit à l’unisson, mais il y manquait une voix, celle que la mort venait d’interrompre.

Maïna et Corentine se relevèrent tout en pleurs.

Il leur restait un pieux devoir à remplir, plus particulièrement pour se conformer aux derniers vœux de la morte. Ne fallait-il pas apprêter cette chère dépouille pour l’exposition funèbre qui allait suivre ?

Une heure plus tard, lorsque Maïna, rompue de fatigue à la suite de ses veilles et de ses soins, voulut quitter la maison mortuaire pour aller prendre quelque repos, elle chercha son oncle qui avait disparu. Ne le trouvant nulle part, elle revint tout naturellement au lit de mort.

Le docteur était là.

Et Maïna, qui venait le chercher, s’arrêta court, tandis que l’appel qu’elle allait faire entendre mourait sur ses lèvres.

Jamais elle n’avait vu pareille expression sur les traits de son oncle.

Certes, elle avait pour lui un profond respect, mais un respect d’enfant gâtée, mitigé par beaucoup de familiarité tendre, qu’encourageait, d’ailleurs, la condescendance facile du vieillard.

Mais, en ce moment, Hugh Le Budinio lui parut démesurément grandi.