Mais l’Allemand n’eut qu’à étendre sa main droite pour paralyser le bras de Comanche.
— Hé ! le sauvage, cria-t-il, l’ours blanc, ou grizzly, pas de ça ; ça n’est pas dans nos conventions.
L’argument était d’autant plus solide que la poigne de Gisber l’était davantage. Tout « grand chef » qu’il se proclamât en ses épiques vantardises, l’Ours Gris n’était pas de force à triompher de ses deux adversaires en même temps, alors surtout qu’un seul suffisait à le maintenir.
Il se résigna donc en la circonstance et en passa par les exigences du Teuton.
D’ailleurs, un autre incident vint apporter une heureuse diversion.
La porte venait de s’ouvrir derechef, et un Comanche était rentré essoufflé, porteur de quelque grosse nouvelle.
Il échangea avec son chef quelques mots rapides en langue indienne, et celui-ci, rappelé au sentiment de la prudence, changea complètement de ton pour dire aux deux blancs.
— Il y a un visage pâle qui nous suit. Mes guerriers peuvent le tuer ou le prendre. Que décidez-vous ?
— Qu’ils le prennent, qu’ils le prennent ! s’écria Pitch en se levant précipitamment. Il nous renseignera.
Un quart d’heure plus tard, trois Comanches ramenaient à la hutte un homme étroitement garrotté.