Evel s’empressa d’obtempérer à l’ordre qu’on lui donnait.

Un canot fut descendu. Ce fut Ustaritz, escorté de quatre Espagnols, qui alla quérir le praticien anglais, auquel il remit les déclarations signées à Londres et qui firent foi aux yeux de l’officier de port.

Le médecin embarqua donc seul et vint à bord du trois-mâts.

Il descendit, non sans répugnance, dans la cabine du capitaine, qu’il trouva aussi rouge qu’une tomate, ce qui le dispensa de lui tâter le pouls.

Convaincu qu’il avait affaire à un véritable malade, il regagna le canot, et le navire suspect fut mis en quarantaine.

Restait la question du déchargement des marchandises.

Au bout de quarante-huit heures d’observation, Evel fut autorisé à se mettre en rapport avec les correspondants de la maison Jameson. Mais, pour effectuer la livraison, le service sanitaire décida qu’aucun membre de l’équipage du navire contaminé ne prendrait terre, et que les commerçants intéressés emploieraient des coolies indigènes au travail du déchargement des marchandises.

« Voilà qui tombe à merveille, s’écria Jacques de Clavaillan dès que la nouvelle lui eut été communiquée. De cette façon, les Ingliches nous épargnent eux-mêmes les difficultés du mensonge. »

L’événement répondit aux espérances du jeune corsaire.

Le quatrième jour après que le Good Hope avait mouillé devant le wharf, l’enlèvement des marchandises s’opérait, et les correspondants de la maison Jameson versaient aux mains du pseudo capitaine Hollis la somme de vingt mille livres sterling, soit d’un demi-million de francs.