Toutes deux avaient hâte de se retrouver seules, l’une pour reprendre ses prières, l’autre pour continuer un rêve que son esprit caressait depuis quelque temps avec une certaine complaisance.

Au moment de se quitter Mme Ternant et sa fille s’étreignirent longuement.

« Bonne nuit, petite mère. Dormez bien.

— Merci, ma chérie. Pour toi aussi, bonne nuit et que Dieu protège ton sommeil. »

Encore un baiser et l’on se sépare. Mais déjà Aime est revenue.

« Petite mère, dites-moi, vous n’avez plus d’inquiétude ? »

Mme Ternant sourit à ce regard interrogateur.

« Non, ma chérie, va, dors tranquille. »

Anne se décide enfin, rassurée, et tandis que Mme Ternant disparaît dans la chambre éclairée par la lune, la jeune fille entre chez elle, où la plus absolue obscurité règne.

Elle passe indifférente devant la couchette préparée pour la recevoir et va s’accouder à la barre d’appui, émue par la splendeur du spectacle qu’elle a sous les yeux.