C’était pour lui plaire, parce qu’elle avait témoigné le désir de monter à cheval, qu’Alick et Fred étaient partis un beau jour pour Madras afin d’acheter une petite selle de dame qui pût convenir à leur amie.
Et tantôt l’un, tantôt l’autre, lui donnaient des leçons d’équitation, se trouvant suffisamment remerciés par un sourire, très fier des progrès rapides de leur élève.
Ce jour-là donc, au moment de partir pour la propriété voisine, Alick et son frère se mirent en devoir de desseller un des poneys ; puis, prenant sous le siège du cabriolet la selle d’Anne, ils la remplacèrent par celle d’un des jeunes gens ; après quoi, ils examinèrent minutieusement les courroies, et enfin, pliant le genou, Fred enleva la jeune fille pour la mettre en selle.
« Quel est celui qui m’accompagne ? interrogea gaiement Anne.
— Voulez-vous aller, Fred ? demanda à son tour l’aîné.
— Non, allez vous-même, Alick, je vais conduire le cabriolet. »
Les deux jeunes gens aidèrent Mme Ternant à monter dans la voiture ; puis, ayant congédié le domestique qui tenait les chevaux, Fred saisit les rênes et la petite caravane s’ébranla.
Il y avait à peine un quart d’heure de route entre la maison de Mme Ternant et celle de l’Irlandais ; aussi fut-on bientôt arrivé.
Patrick O’Donovan et sa femme attendaient leurs hôtes dans le jardin, et les quatre garçons poussèrent des cris de joie en apercevant Anne, bien qu’ils ne l’eussent quittée que de la veille.
Le plus petit, Jack, s’approcha d’elle et, très tendrement, lui demanda si elle n’était plus triste.