Guillaume se jeta éperdument dans les bras de son chef.
Celui-ci reprit, après un examen scrupuleux du mousse :
« Tu n’as pas beaucoup plus de treize ans, je crois, mais tu en marques dix-sept ou dix-huit. Songe que les goddems ne t’épargneront pas. Fais donc bien ta besogne, et ne ménage personne, quand nous aborderons, car il est certain que nous irons à l’abordage, mon gars. »
Il n’avait pas fini de parler que le signal de l’attaque était hissé au grand mât du Revenant.
Répondant au défi des Anglais, Surcouf courait sus à l’ennemi.
Les forces des deux partis étaient à peu près égales, bien que l’Anglais n’eût que trois bâtiments à opposer aux quatre des Français.
Mais le Good Hope, avec ses deux pièces de retraite, ne pouvait être tenu pour un combattant. D’ailleurs, le Malouin n’entendait l’utiliser que comme un stratagème.
Son ordre de bataille était fort simple.
A la tête du Revenant, il allait attaquer personnellement le Kent. Clavaillan et la Sainte-Anne se porteraient sur l’Eagle, pendant que la Confiance se mesurerait avec la Queen Elisabeth.
Surcouf attirerait insensiblement la frégate jusqu’à ce qu’elle fût à portée du Good Hope. A ce moment les quelques gaillards résolus que conduisaient Evel et Ustaritz accrocheraient le navire anglais capturé à l’arrière du grand vaisseau, et pendant que celui-ci s’efforcerait de se dépêtrer de cet obstacle imprévu, le corsaire le mitraillerait sans relâche.