Elle venait d’apercevoir le tigre rampant dans les hautes herbes, prêt à bondir sur le malheureux volatile pétrifié par le danger.

Par bonheur, ils étaient sous le vent de la bête et dissimulés par un fourré.

Will saisit sa sœur par la main et lui fit faire un pas de retraite.

Derrière eux, à trois ou quatre cents mètres, un arbre se dressait dont les branches très basses permettaient un accès facile.

Guillaume savait que le tigre ne grimpe point aux arbres. Il suffisait donc d’atteindre l’arbre pour être momentanément à l’abri.

L’enfant fit un second pas, puis un troisième, faisant reculer sa sœur la première, la couvrant résolument de son corps.

Ils gagnèrent ainsi quelques pas dans la direction de l’arbre.

Le tigre était trop absorbé par la fascination de sa proie pour s’occuper d’autre chose. Cela permit aux deux enfants de se rapprocher de l’arbre.

Ils allaient l’atteindre lorsque Anne fit un faux pas et tomba.

Ce bruit rompit l’immobilité du paon. L’influence qui pesait sur lui en fut violemment rompue, et l’oiseau s’envola, avec un cri perçant, au moment même où le félin, après un long frémissement de sa croupe, s’élançait en avant, les griffes tendues pour le saisir.