— En ce cas la lutte continuera jusqu’à ce que l’Eagle soit pris. »
George Blackford souleva son chapeau et salua :
« Monsieur le marquis de Clavaillan, je suis votre homme. Défendez-vous. »
Et il marcha sur le jeune chef.
« Un instant, fit celui-ci, je dois vous remettre les rubans de votre aimable parente. Souffrez que je les mette à votre portée. »
Ce disant, Jacques de Clavaillan embrochait le flot de rubans avec son épée et tombait en garde présentant l’arme ainsi enguirlandée.
Le duel commença aussitôt, à la face des deux corps hostiles. Les deux adversaires étaient de même taille et presque du même âge.
Plus grand et plus corpulent, l’Anglais avait sur le Français l’avantage de son poids et de son volume. Le corsaire, il est vrai, compensait cette disproportion par une souplesse et une agilité incomparables.
La lutte ne pouvait qu’être mortelle.
Tous comprenaient que chacun des deux champions combattait tant pour lui-même que pour l’honneur de son peuple et de son pavillon. Leur acharnement en devait être doublé, leur victoire d’autant plus méritoire.