Ce fut, pendant quelques minutes, un cliquetis formidable de lames heurtées.

L’acier résonnait avec des vibrations argentines, et le spectacle était si captivant, qu’un silence prodigieux régnait sur le pont de la corvette.

Tout à coup, emporté par un élan irréfléchi, George Blackford se fendit à fond, portant au jeune lieutenant de Surcouf un coup d’allonge démesuré.

L’attaque glissa sur le fer de Clavaillan, qui, prompt comme la foudre, riposta par un dégagé furieux, en coups à coups.

Les deux hommes étaient si près l’un de l’autre que l’épée du marquis tout entière disparut dans la poitrine de son ennemi.

George Blackford se redressa, étouffé par le sang, battit l’air de ses bras et tomba comme une masse sur le pont.

Il était mort.

« Bas les armes ! » cria Jacques en élevant son fer sanglant.

Mais au lieu de se conformer aux clauses du combat singulier, les marins survivants de l’Eagle firent entendre un rugissement de colère, et, poussant un hourra de défi, se ruèrent sur les Français.

Jacques était au premier rang. Il n’avait pas prévu le choc.