Voyant l’inutilité d’une plus longue résistance, ils jetèrent leurs armes et se rendirent.
On les entoura vivement et on les fit passer sur la Sainte-Anne.
Alors seulement le vaillant brick, traînant la corvette à sa remorque, rallia les trois vaisseaux victorieux.
Surcouf ouvrit ses bras à Jacques de Clavaillan et l’embrassa à la vue de tous les équipages. Puis il donna l’ordre d’un repos bien gagné.
Il était trois heures de l’après-midi. Vers six heures du soir, les vaisseaux accostèrent l’îlot afin d’y procéder à l’enterrement des morts et à l’installation à terre, pour quelques jours, des blessés le plus gravement atteints.
Au nombre de ceux-ci se trouvait le commodore John Harris.
Le Malouin veilla sur lui avec le soin d’un père pour son enfant.
On construisit pendant la nuit un baraquement de planches à l’extrémité de l’île la plus éloignée du campement des prisonniers.
Ce fut également pendant cette nuit que les tristes restes de ceux que la mer n’avait pas engloutis furent confiés à la terre.
Le lieutenant Jacques de Clavaillan, Surcouf et tous les équipages de corsaires accompagnèrent à sa dernière demeure le commandant George Blackford, mort en héros sur le pont de la corvette Eagle.