« Il est certain qu’ils ne se sont pas trop mal conduits jusqu’ici. Mais ce n’était peut-être que de l’hypocrisie de leur part.
— En ce cas, attendons qu’ils se démasquent pour les juger », reprit lady Stanhope.
Cette parole rétablit définitivement la paix dans le petit camp.
Aussi bien le canot venait-il de toucher terre, et l’on pouvait voir Surcouf et son compagnon, suivis de quelques hommes, s’avancer vers le campement.
Lorsqu’il y fut parvenu, le Malouin s’adressa, par rang de préséance, à lady Stanhope en personne, respectant en elle la femme de qualité.
« Milady, commença-t-il, j’ai à vous faire mes excuses au sujet d’une détention qu’il n’a pas dépendu de moi de faire cesser plus tôt. Je viens cependant vous annoncer qu’elle touche à son terme.
— Comment devons-nous entendre vos paroles, monsieur ? questionna la jeune femme.
— Mais dans le seul sens qui leur convienne, milady ; j’ai eu l’honneur de vous dire, avant-hier, que, quelle que fût l’issue du combat, vous recouvreriez votre liberté. Cette promesse, je viens la mettre à exécution. »
Il parlait en anglais, et tous ceux qui entouraient la belle patricienne profitèrent de cette généreuse déclaration. Un murmure de joie courut dans l’assistance, et peu s’en fallut que les mêmes personnes qui naguère chargeaient outrageusement les corsaires n’éclatassent en applaudissements.
Lady Stanhope, qui triomphait, modéra néanmoins son enthousiasme.