« La liberté est une excellente chose, monsieur Surcouf, dit-elle, et personne ne l’apprécie plus que moi. Encore faut-il qu’on en puisse jouir. »
Le Malouin répliqua :
« Je le pense, comme vous, madame, mais je ne me rends pas un compte très exact du sens de vos paroles. Voudriez-vous me les expliquer ? »
Lady Stanhope exprima toute sa pensée :
« Monsieur, la liberté de mourir de faim et de soif est de celles dont l’homme ne saurait se réjouir. Or, il me semble que, sur ce rocher, il n’y ait point de place pour d’autre liberté. »
Le corsaire salua poliment et répondit avec un sourire ironique :
« En vérité, milady, je ne croyais pas avoir encouru une semblable méfiance de votre part. Est-il un seul de mes actes qui puisse justifier cette appréhension d’abandon que vous me faites connaître sans déguisement ? »
Elle parut touchée du reproche que son insinuation avait mérité.
« Je reconnais que j’ai parlé trop tôt, monsieur, et, pour vous mieux faire amende honorable, je garderai le silence jusqu’à ce que vous nous ayez tout dit. »
Alors, très galamment, le Malouin poursuivit :