Et il s’inclina sur la main qu’on lui tendait pour la porter à ses lèvres.

Les préparatifs furent activement poussés pour le premier départ. De tous les bâtiments engagés, c’était le Good Hope qui avait le moins souffert. En conséquence, calfats et marins se multiplièrent pour réparer les avaries et le mettre en état de reprendre la mer le jour même. On y installa tous les matelots anglais et ceux des prisonniers du convoi qui avaient hâte de regagner la côte de Coromandel.

Avec le reste, on aménagea du mieux qu’on put les baraquements élevés en hâte la nuit précédente. Guidés par Clavaillan, Evel et Ustaritz, qui avaient vécu longtemps dans l’Inde, parvinrent à construire une petit maison de bois dans une vallée de l’îlot où croissaient quelques arbres, au niveau d’un ruisseau dont l’eau claire et le gazouillement continu donnaient un coin de fraîcheur à ce coin du rocher désert.

On y transporta avec précautions le commodore John Harris et ses compagnons les plus grièvement blessés. Clavaillan, qui possédait quelques notions de médecine, s’improvisa chirurgien pour la circonstance, lava habilement toute les plaies et montra à lady Stanhope le moyen de continuer ces soins un peu rudimentaires.

Dans la nuit qui suivit, le Breton et le Basque, aidés de Will, qui décidément devenait un homme, érigèrent, à côté de l’appentis principal qu’ils dénommaient « l’hôpital », une petite cabine à laquelle ils travaillèrent avec une véritable coquetterie.

Ils en goudronnèrent les joints et les fentes, en tapissèrent les cloisons de nattes, en couvrirent la toiture de bâches et de toiles à voiles.

Ils en battirent la terre avec soin, après l’avoir nivelée et ratissée, et la couvrirent d’un lit de feuilles sèches. Après quoi, ils la divisèrent en trois compartiments dont le plus vaste reçut un hamac, un banc de buis, une table, tout un assortiment de toilette pris à l’aménagement des bâtiments du convoi, et quelques livres empruntés à la bibliothèque du Revenant et de la Sainte-Anne.

Ces préparatifs terminés, Will alla en personne chercher lady Stanhope.

« Milady, lui dit-il en saluant le plus galamment qu’il put, voici la chambre que nous pouvons mettre à votre disposition. Pardonnez-nous de ne pouvoir vous en offrir une plus confortable. »

La jeune femme promena en souriant les regards autour d’elle.