Au moment où Will, saisissant le tronc d’une main, se soulevait à la force du poignet et parvenait à poser son pied sur l’une des branches transversales, un élan de la formidable bête l’amena à moins de deux mètres de l’arbre.

« Monte, Will, monte vite, criait Anne, la voix étranglée par l’angoisse. »

Mais Guillaume, à son tour, semblait paralysé par le regard du monstre.

Peut-être subissait-il le même phénomène d’hypnotisme que le paon ?

Il demeurait inerte sur les basses branches, incapable de faire le moindre mouvement, proie offerte sans défense au « mangeur d’hommes ».

Celui-ci, sûr de sa victime, ne bondissait plus maintenant.

Il se traînait, le ventre au sol, la gueule ouverte, passant et repassant sa langue rouge sur ses canines aiguës et sur son mufle rétracté par une ride féroce.

Encore trois ou quatre pieds, et le ressort de ces jarrets d’acier se détendrait, et l’effrayante bête saisirait l’enfant entre ses crocs mortels.

« Monte, monte, Will, suppliait Anne, à travers ses sanglots. »

Mais Will n’entendait pas. Il n’avait pas la conscience des circonstances. Une hébétude soudaine annihilait ses facultés d’action.