Ces paroles de la jeune femme caractérisaient bien cette époque, époque grandiose où la lutte âpre et sans merci n’excluait pas cependant une courtoisie toute chevaleresque.
Lady Blackwood s’était levée. Elle tendit la main à son amie.
« Vous avez raison, Lily, ce n’est pas moi qui parlais tout à l’heure, ou plutôt c’était la méchante moi dépitée du départ de son amie. Dites-moi que vous avez oublié…
— Je ne veux pas oublier que c’était à mon sujet que la généreuse Mary devenait égoïste et discourtoise… »
La paix fut scellée dans un sourire et la femme du gouverneur fut la première à faciliter à son amie son prompt départ.
Ce ne fut pas sans une véritable surprise que Mme Ternant et sa fille apprirent qu’une étrangère paraissant de grande naissance et venant de Madras demandait à leur parler. Et quelle ne fut pas leur joie en entendant des lèvres de la jeune femme les bonnes nouvelles que cette dernière leur apportait !
Elles ne se lassaient pas de l’interroger, se faisant à satiété répéter les paroles de l’absent, essayant d’après les descriptions de lady Stanhope de se le représenter.
« Comment est-il grand maintenant ? » interrogeait Mme Ternant.
En souriant, la jeune femme se levait, mettait sa petite main au-dessus de sa tête et disait :
« Comme ça. »