— C’est égal ! fit un jeune officier, ces marins français conservent de la galanterie même en vous envoyant dans l’autre monde. Avouez, messieurs, que voilà un joli trait de féroce courtoisie. »

Il passa un petit frisson dans l’assistance, puis un tout jeune homme, affectant un air gouailleur, demanda :

« Enfin, madame, puisque vous les avez vus, ces héros invincibles, dites-nous un peu comment ils sont de leur personne.

— Je ne vous parlerai pas de M. de Clavaillan, répondit la jeune femme, puisque beaucoup d’entre vous le connaissent.

— Hélas ! soupira lady Blackwood qui s’était approchée, n’est-ce pas, en effet, au milieu d’une fête donnée en son honneur qu’il s’est enfui ?

— Mais Surcouf ?… ce fameux Surcouf ? » interrogèrent à la fois plusieurs voix.

La jeune femme se leva et, après avoir parcouru d’un regard circulaire le groupe d’uniformes qui l’entourait, elle prononça avec un sourire destiné à atténuer sa déclaration :

« Vous êtes très bien, messieurs, dans la marine de Sa Majesté, mais cependant aucun de vous n’est aussi bien que Surcouf. »

Il y eut un mouvement de dépit.

Sans s’en inquiéter, avec cette désinvolture propre aux jolies femmes qui savent très bien que, quoi qu’elles disent ou fassent, elles peuvent compter sur l’impunité, lady Stanhope affirma :