« Surcouf, messieurs, est admirablement beau. »

Personne ne releva cette phrase et la question tomba d’elle-même sans qu’on s’avisât de demander de plus amples renseignements.

Il y eut même un instant de gêne, une sorte de courant froid qui parcourut l’assistance. On en voulait un peu à la jeune femme de son enthousiasme, et quelques-unes pensaient même que, pour une Anglaise, elle manquait certainement de patriotisme.

Heureusement, l’annonce du souper vint faire diversion, et, malgré la faveur qu’elle ne cachait pas pour des ennemis, bien des bras s’arrondirent devant lady Stanhope pour solliciter l’honneur de la conduire à la table.

Embarrassée, elle riait de son joli rire d’enfant, disant avec une petite mine comique d’impuissance :

« Je ne puis pourtant pas vous donner le bras à tous ! »

Mais, pardonnée maintenant, grâce à son amabilité, elle fut bientôt tirée d’affaire par l’arrivée du gouverneur en personne, qui venait la chercher. On s’inclina et on la suivit joyeusement ; tout le monde était content de ce dénouement.

Le couvert était mis dans une grande véranda toute garnie de fleurs et de feuillage.

Le coup d’œil de cette réunion dans laquelle les plus brillants uniformes alternaient avec les couleurs chatoyantes des robes de femmes, où l’or des galons se mêlait aux feux des diamants et à l’éclat plus doux des pierres, était vraiment d’un magnifique effet.

Les plats les plus recherchés, les boissons les plus capiteuses furent servis par une véritable armée de domestiques.