— Non, j’espère encore les avoir.

— Comment cela ?

— Surcouf, qui a vu ma peine, en a eu grand’pitié, et de sa rude voix de marin habituée aux commandements, qu’il a adoucie pour moi, il m’a dit :

« Madame, je vous donne ma parole d’honneur que je ferai tout mon possible pour avoir vos pianos et j’irai en personne vous les rapporter.

— C’est justement, s’écria lady Blackwood, ce que j’avais prié M. de Clavaillan de lui dire. »

Il y eut sur toutes les lèvres un sourire d’incrédulité et même quelques rires vite réprimés, puis quelqu’un se hasarda à prononcer :

« Ah ! madame, il vaut mieux pour vous ne plus penser à vos pianos, car la parole d’un corsaire ne peut avoir aucune valeur.

— Et moi, messieurs, j’estime que la parole de Surcouf vaut celle du plus fier gentilhomme d’entre vous. Je garde donc la conviction que ce corsaire, à moins d’impossibilité de sa part, me rendra mes pianos.

— Je veux aussi en garder l’espoir, » dit lady Blackwood avec un soupir de regret.

CHAPITRE XVI
PAROLE DE CORSAIRE